Vous non plus vous ne lâcherez plus cette mini-série de six épisodes, diffusée sur Netflix depuis le 6 novembre et inspirée du roman de Margareth Atwood paru en 1996 (qui elle-même s’est inspirée d’un fait divers réel).
Comme elle, vous vous passionnerez pour l’histoire de Grâce Marks, cette jeune Irlandaise qui a traversé l’océan dans des conditions épouvantables pour devenir domestique au Canada. Accusée de complicité pour le meurtre de deux de ses employeurs mais frappée d’amnésie, elle échappera à la peine de mort par manque de preuves et passera trente années de sa vie en prison. Elle avait 16 ans. C’était en 1843.
Comme Simon, le jeune médecin-psychiatre intéressé par les mystères de la mémoire et venu l’interroger, vous serez curieux de connaître l’histoire incroyable de cette femme qui raconte sa version des faits au fur et à mesure des questions censées lui faire recouvrer la mémoire. Vous serez émus par sa douceur, sa délicatesse, sa timidité, sa naïveté, et effrayés par son côté énigmatique et peut-être manipulateur. Grâce distille à la perfection le doute et l’ambiguïté.
Comme Grâce, vous partagerez le rude quotidien de la vie des femmes de condition modeste du XIXe siècle, les traitements brutaux qui leur sont infligés dans les prisons et les asiles de fous. Vous découvrirez aussi les recherches toutes neuves de la psychiatrie et de l’hypnose. Et vous serez tout aussi hypnotisés par le jeu épatant de l’actrice Sarah Gadon qui interprète à merveille cette femme amphibologique.
Au passage, vous apprécierez la très jolie courtepointe que Grâce coud tout au long des entretiens avec le médecin (pour cela il vous faudra attendre le dernier épisode) et les gestes lents de la couturière qui tisse jour après jour sa couverture de la même façon qu’elle dévide jour après jour son histoire.
Petit bémol: la langue, parfois trop précieuse, trop conventionnelle.
Alors, lorsque le ciel sera bien bas et bien gris, enfouissez-vous sous un plaid bien chaud (à défaut de courtepointe) et peut-être aurez-vous la réponse à cette question lancinante qui vous obsédera comme elle a obsédé Simon : Grâce est-elle victime, démente ou meurtrière ?
« Alias Grace » coté 8.1/10 sur IMDB.com. (La traduction du titre en Français et bien pourrie comme d’hab!) Je vais regarder…
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